esquisses de soi
impulsion
Dans un élan, une femme, quarantaine, pas très belle, s'est levée se son banc de bus célibataire pour aller s'asseoir à côté d'un homme, quanrantaine, ordinaire, qui lisait. C'est peut-être l'élan qui a attiré mon regard, ou simplement le caractère inusité du geste de cette femme. Le bus assiste sans doute souvent à des fuites, mais rarement à des rapprochements, et chacun préfère les bancs célibataires.
La femme s'est mise à parler et l'homme a tout simplement fermé son livre pour l'écouter. Je ne sais pas ce qu'elle lui disait, j'étais trop loin, mais elle semblait juste parler pour parler. Elle avait une question à lui poser, je crois, et il y a répondue. Après, elle lui a tendu la main, probablement enchantée par cette rencontre provoquée. Il l'a serrée. Elle lui a demandé son âge, je l'ai lu sur ses lèvres, puis s'il travaillait, s'il étudiait.
Peut-être avait-elle eu une bonne raison d'aborder cet homme, peut-être l'avait-elle déjà croisé. Je préfère penser qu'elle voulait simplement lui parler, et que c'est ce qu'elle avait fait. Parce qu'elle l'avait trouvé beau, attirant, étrangement triste. Parce qu'elle avait, dans un élan, eu besoin de parler à cet inconnu, assis là, avec son livre, seul sur un banc pour trois.
Ecrit par Tea, le Mardi 18 Mars 2008, 19:48 avec un crayon "mal aiguisé".


