esquisses de soi
Éternité
C'était dans la vieille chambre, la rose par défaut. Par défaut parce que maman n'avait pas beaucoup de sous et que moi je restais l'idée de départ collée avec de la «crise igloo» dans la tête. Alors le rose avait été le seul compromis possible. Et puis, à l'époque, je n'avais pas le courage de défendre mes idées «crise igloo» face à maman et sa réalité dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Alors on avait peint la chambre en rose, et avec des éponges on avait parsemé les murs de taches mauves, bleus et vertes. J'étais contente. Et puis j'avais aidé maman avec les éponges, alors j'en avais presque oublié que le rose ne m'enchantait pas. Et puis, avec le temps, je ne faisais plus attention à la couleur. Et aujourd'hui, je la regrette même un peu. Maintenant que je m'enferme entre quatre autres murs, d'une autre couleur, qui font résonner une autre voix parfois criante de vide, je m'ennuie de ces murs roses qui ont assisté à mes instants magiques d'enfant.
Je ne me souviens plus de la couleur qu'ils avaient avant ce rose. Mais peu importe, cette chambre est juste la vieille chambre rose par défaut, et c'était là, cette nuit-là, les rideaux ouverts comme pour m'envoler jusqu'au ciel juste en le regardant, qu'allongée sur mon lit j'ai touché pour la première fois à l'éternité.
Ecrit par Tea, le Mercredi 14 Mai 2008, 16:36 avec un crayon "neuf".


