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esquisses de soi

Mercredi (21/05/08)
réplique
Elle est juste belle, modestement belle.
Ecrit par Tea, à 21:48 avec un crayon à l'encre
Mercredi (14/05/08)
Éternité
C'était dans la vieille chambre, la rose par défaut. Par défaut parce que maman n'avait pas beaucoup de sous et que moi je restais l'idée de départ collée avec de la «crise igloo» dans la tête. Alors le rose avait été le seul compromis possible. Et puis, à l'époque, je n'avais pas le courage de défendre mes idées «crise igloo» face à maman et sa réalité dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Alors on avait peint la chambre en rose, et avec des éponges on avait parsemé les murs de taches mauves, bleus et vertes. J'étais contente. Et puis j'avais aidé maman avec les éponges, alors j'en avais presque oublié que le rose ne m'enchantait pas. Et puis, avec le temps, je ne faisais plus attention à la couleur. Et aujourd'hui, je la regrette même un peu. Maintenant que je m'enferme entre quatre autres murs, d'une autre couleur, qui font résonner une autre voix parfois criante de vide, je m'ennuie de ces murs roses qui ont assisté à mes instants magiques d'enfant.
Je ne me souviens plus de la couleur qu'ils avaient avant ce rose. Mais peu importe, cette chambre est juste la vieille chambre rose par défaut, et c'était là, cette nuit-là, les rideaux ouverts comme pour m'envoler jusqu'au ciel juste en le regardant, qu'allongée sur mon lit j'ai touché pour la première fois à l'éternité.
Ecrit par Tea, à 16:36 avec un crayon neuf
Mercredi (09/04/08)
vague

Et ma tête décide de me renvoyer le souvenir de V. L'image d'un petit garçon, plus jeune qu'il ne l'est vraiment, parce qu'il est un peu amoureux et inquiet dans les yeux:

Ecrit par Tea, à 22:22 avec un crayon de couleur
Samedi (29/03/08)
Révolte
Je me surprends à déchirer l'étiquette de ma bière. Paraît que ça veut dire qu'on manque d'affection. Oui, je le suis, en manque. Et je me mets à penser à elle, pour me retrouver plus tard face à tout ce que j'évitais.
Ecrit par Tea, à 12:30 avec un crayon trop petit
Dimanche (23/03/08)
À l'envers
L'absence est beaucoup plus simple, plus facile. J'ai juste à faire comme-ci je ne ressentais rien du tout, comme si nous étions mortes, comme si nous n'existions pas. Dans l'absence, je me retrouve, je me sens moi dans tous mes masques. Dans l'absence, je suis libre, libre de porter celui que je veux. Seule, je me sens plus complète, j'arrive à me convaincre que je le suis. Dans notre absence, je joue. Je ris. Je valse entre les corps, entre les yeux qui m'observent. Dans notre absence, je découvre le monde. Je m'érige des barrières que je m'amuse à percer. Seule, je ne pense plus, j'improvise. Je m'ouvre. Dans notre absence, j'arrive à t'en vouloir, alors je ne t'en veux plus vraiment, parce que dans notre absence, je t'oublie. Dans notre absence, les quelques notes de rêve qui me restent me bercent doucement sans m'égratigner. Mes blessures disparaîssent sous les couches de peinture et de mots que j'applique avec soin sur moi. Dans notre absence, je n'ai plus besoin de toi, j'arrive à y croire. Seule, j'arrive presque à oublier de m'inquiéter pour toi, j'arrive presque à faire tourner la terre dans le sens d'avant. Dans notre absence, j'ai rencontré des gens, j'ai rencontré un bout de monde. Je ne l'aimerai jamais autant que le notre. Je ne les aimerai jamais comme je t'aime. Mais tu nous as enfermées dans notre absence. Alors, oui, je m'y fais. Je m'y habitue et je m'en contente. Je t'oublie. Dans notre absence, je m'oublie.
Ecrit par Tea, à 09:16 avec un crayon 2H
Mardi (18/03/08)
impulsion
Dans un élan, une femme, quarantaine, pas très belle, s'est levée se son banc de bus célibataire pour aller s'asseoir à côté d'un homme, quanrantaine, ordinaire, qui lisait. C'est peut-être l'élan qui a attiré mon regard, ou simplement le caractère inusité du geste de cette femme. Le bus assiste sans doute souvent à des fuites, mais rarement à des rapprochements, et chacun préfère les bancs célibataires.
Ecrit par Tea, à 19:48 avec un crayon mal aiguisé
Samedi (08/03/08)
Farine
Comme ça, sans raison, j'ai mis mes souliers. Juste pour me promener en souliers dans la maison, même si maman déteste. En faisant les boucles, je souriais: mes souliers étaient pleins de farine. Alors je me suis dit que le hasard, on ne peut pas lui faire confiance, mais qu'il peut être «sweet» comme ils disent. Il fait parfois si bien s'enchaîner les mots, les pas, les emprunts de souliers et les gens.
Ecrit par Tea, à 09:55 avec un crayon 2H